Art vu à Versailles – Juillet 2020

Petit pavillon de chasse de Louis XIII, le château de Versailles fut agrandi par Louis XIV. C’est aujourd’hui le bâtiment le plus remarquable du pays : les Petits Appartements, les Grands Appartements, la Galerie des Glaces, le Trianon, le domaine de Marie-Antoinette… On est loin des broussailles et des marécages du XVIIème siècle ! Quoi qu’il en soit, le Château de Versailles est à visiter absolument ! Voici notre parcours « Les Merveilles de Versailles »…

La Cour Royale

Avancez dans la cour et gravissez les cinq marches sur votre gauche : le sol est entièrement couvert de marbre ! Vous vous trouvez dans la Cour de Marbre, au cœur du premier édifice construit par Louis XIII, caractérisé par le contraste coloré des matériaux : brique rouge, pierre blanche et ardoises grises, rehaussés de dorures. Louis XIV décide de faire agrandir le pavillon de chasse de son père et s’y installe définitivement à partir de 1682. La Cour de Marbre est la cour du Château initial construit en 1623 par Louis XIII. Les carreaux blancs et noirs qui la recouvrent proviennent du château de Vaux-le-Vicomte.

 

 

La Chambre du Roi

La Chambre du Roi se trouve au premier étage, au centre du pavillon central.

Ce pavillon est le plus ouvragé avec une horloge à son sommet et un balcon reposant sur des colonnes jumelées en marbre rouge. Elle est dans l’axe du soleil, le Roi-Soleil ayant l’habitude de se lever à l’est, comme le soleil. Cet axe est-ouest donne une relative symétrie à l’ensemble du Château, mais aussi des Jardins.

Louis XIV réaménage son appartement à plusieurs reprises. La transformation majeure intervient en 1701, au moment où la chambre du souverain est installée à son emplacement actuel, au centre de la façade de la Cour de Marbre. Comme dans toutes les résidences royales, l’appartement du Roi comporte la même succession de pièces à l’usage bien défini : une salle des gardes, deux antichambres, la chambre et un cabinet. Au-delà de ces salles, dont l’accès est strictement hiérarchisé et réglé par l’étiquette, toutes les pièces qui suivent constituent le domaine privé du souverain auquel, en principe, nul ne peut avoir accès s’il n’y est convié.

La Galerie de l’Histoire

Redescendez les marches et, sur votre gauche, entrez dans le Château. Dépassez l’entrée de la chapelle royale qui se trouve à votre droite et commencez votre parcours par une visite de la galerie de l’Histoire du Château.

Au XIXème siècle, Versailles connaît une nouvelle destinée et devient un musée dédié « à toutes les gloires de la France », selon les volontés de Louis-Philippe, devenu roi des Français en 1830. Les collections, surtout composées de peintures et de sculptures, sont enrichies jusqu’au début du XXème siècle.

Après la Révolution de 1830 qui chassa du pouvoir Charles X, le dernier frère de Louis XVI, son cousin Louis‑Philippe d’Orléans fut proclamé roi des Français. Par une décision prise en 1833, le nouveau souverain afficha sa volonté de trouver une nouvelle affectation à Versailles. Il lui ôta sa qualité de résidence royale (qualité qui ne correspondait plus à la réalité depuis 1789) et transforma le Château en musée. Passionné d’histoire, discipline qui devenait alors une véritable science, il décida d’y rassembler toutes les images peintes, sculptées, dessinées et gravées illustrant des événements ou des personnages de l’histoire de France depuis ses origines.

Pour Louis-Philippe, ce musée, inauguré en juin 1837 et dédié « à toutes les gloires de la France » devait contribuer symboliquement à la réconciliation des partisans des différents régimes qui s’étaient succédé depuis 1789 et à renforcer ainsi sa propre légitimité de roi de tous les Français, rassemblés autour de l’histoire nationale dont le nouveau souverain se revendiquait l’héritier et le continuateur.

Après la chute de Louis-Philippe en 1848 et la Deuxième République, c’est Napoléon III qui fait terminer les aménagements du musée, mais la guerre de 1870-1871 marque un nouveau coup d’arrêt au développement de l’ensemble. Versailles est occupé par les Prussiens, de septembre 1870 à février 1871, et l’Empire allemand est solennellement proclamé dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871.

L’Assemblée nationale vient s’y installer en mars 1871, rejointe par les ministères pendant la Commune, et la Troisième République y est instaurée le 30 janvier 1875. À la fin du XIXème siècle, le conservateur Pierre de Nolhac s’attache à rendre à Versailles son caractère de résidence royale et à réorganiser les collections.

Le musée demeure, avec plus de 6 000 peintures et 3 000 sculptures, la principale source iconographique de l’histoire de France.

Le Grand Appartement du Roi

Empruntez l’escalier situé à la fin de la galerie de l’Histoire pour monter au premier étage et plonger au cœur de la vie de Cour en visitant le Grand Appartement du Roi.

Au premier étage, vous traversez les salles Louis XIV ou la galerie de Pierre haute selon leur ouverture, avant de retrouver la Chapelle royale, cette fois depuis la tribune royale où le roi et sa famille assistaient chaque jour à la messe.

Icône Majestueuse De Couronne, Style Simple Illustration de Vecteur -  Illustration du icône, simple: 99868770 La Chapelle Royale

L’élévation générale du bâtiment emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.

Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel, dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse et, au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet.

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les officiers et le public.

Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

Icône Majestueuse De Couronne, Style Simple Illustration de Vecteur -  Illustration du icône, simple: 99868770 Le Salon d’Hercule

La pièce suivante est le salon d’Hercule. Premier salon du Grand Appartement du Roi, il a été en réalité le dernier créé, à la fin du règne de Louis XIV. S’ensuivent le salon de l’Abondance puis cinq autres salons chacun associé à une divinité.

En plus de l’utilisation de matériaux précieux (dorures, marbres…), de nombreux symboles renvoient à la monarchie française (fleurs de lys) et en particulier à Louis XIV (le soleil). Identifiez au plafond les planètes et les divinités représentées dans chaque salon. Le Grand Appartement est en effet appelé « appartement des Planètes » puisque les sept astres connus au XVIIe siècle y étaient, à l’origine, représentés, associés aux divinités correspondantes (dans l’ordre de visite du Grand Appartement) : Vénus, Diane/la Lune, Mars, Mercure, Apollon/le Soleil.

Icône Majestueuse De Couronne, Style Simple Illustration de Vecteur -  Illustration du icône, simple: 99868770 Le Salon d’Apollon

Arrêtez-vous dans le salon d’Apollon…

Ce lieu était autrefois la pièce principale, et donc la plus somptueuse, du Grand Appartement puisqu’elle servit de salle du trône à partir de 1682. Les crochets qui soutenaient le « dais », sorte de toit de tissu au‑dessus du trône du Roi, peuvent encore se voir.

Un tableau souvent présent dans les manuels d’histoire est exposé dans cette pièce : le portrait de Louis XIV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud. Ce portrait eut une grande postérité et a marqué le mode de représentation officielle du roi : fleur de lys, couronne, sceptre, épée, main de justice.

La Galerie des Glaces

À l’extrémité du Grand Appartement du Roi, à l’angle du Château, le Salon de la Guerre donne sur la Galerie des Glaces. Découvrez le décor composé par Charles Le Brun à la gloire de Louis XIV : ce décor peint est enrichi de stuc et de bois dorés, complété par les 357 miroirs de la galerie des Glaces.

N’oubliez pas de vous retourner pour profiter de la vue sur les jardins! Au centre de la Galerie, on peut voir par les fenêtres la Grande Perspective créée par le jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre, dans l’axe est-ouest déjà observé côté cour.

Cette Grande Galerie de 73 mètres de long reliant les Grands Appartements du Roi et de la Reine a remplacé une terrasse, d’où cette vue imprenable sur les jardins.

Au premier tiers de la Galerie des Glaces, se trouve sur votre gauche une porte miroir donnant sur l’appartement du Roi : le cabinet du Conseil permet de rejoindre la chambre du Roi, précédemment repérée depuis la cour royale ou la cour d’Honneur. À l’extrémité sud de la Galerie des Glaces, le Salon de la Paix répond symétriquement au Salon de la Guerre, également à l’angle du Château, il donne sur le Grand Appartement de la Reine. 

La Galerie des Batailles

À la fin du circuit des Grands Appartements, terminez votre visite du Château par la Galerie des Batailles. Dépassez sans descendre l’escalier de la Reine ; traversez trois salles consacrées à l’Histoire de France, et dépassez, toujours sans descendre, l’escalier des princes qui donne sur la Galerie des Batailles.

Après son abandon comme résidence royale, le Château fut transformé par Louis-Philippe, entre 1833 et 1837, en musée historique dédié « à toutes les gloires de la France » (cette inscription figure au-dessus des pavillons d’entrée du Château). La Galerie des Batailles en est le joyau.

La Galerie des Batailles est l’élément le plus important des galeries historiques créées dans le château de Versailles par Louis-Philippe. Elle occupe quasiment la totalité de l’étage de l’aile sud du Château et est consacrée à l’illustration, en une trentaine de tableaux, de près de quinze siècles de succès militaires français, de Clovis à Napoléon.

La Galerie des Batailles est la pièce la plus vaste du Château (120 mètres de long, 13 mètres de large). Elle occupe la quasi-totalité du premier étage de l’aile du Midi. Conçue et réalisée à partir de 1833, elle est inaugurée solennellement le 10 juin 1837 et marque alors le point fort de la visite du musée de l’Histoire de France.

Louis-Philippe y réunit 33 tableaux représentant les grandes batailles qui ont marqué l’Histoire nationale, depuis la victoire de Clovis à Tolbiac jusqu’à celle de Napoléon à Wagram, en 1809. Toutes les dynasties qui ont régné sur la France y sont évoquées : Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois et Bourbons. De façon habile, Louis-Philippe a tenu à y ajouter l’illustration des victoires de la Révolution et de l’Empire. Son message est simple : la France s’est faite dans des combats contre des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur ; elle est désormais glorieuse, apaisée et prête à entrer dans une ère nouvelle fondée sur la paix et la prospérité.

Les quatre plus grands tableaux sont des commandes des régimes précédents (Austerlitz, de Gérard, commandé par Napoléon ; et commandés sous la Restauration, l’Entrée d’Henri IV à Paris, de Gérard, ainsi que la Bataille de Bouvines et la Bataille de Fontenoy, d’Horace Vernet).

La galerie est aussi conçue comme un panthéon des gloires nationales puisqu’elle présente une série de 80 bustes d’officiers morts au combat ainsi que des tables de bronze portant les noms des princes, connétables, maréchaux et amiraux eux aussi tués ou blessés mortellement pour la France.

Source : Château de Versailles