Art vu à Moscou – Août 2017

Moscou, fastueux passé, héritage historique et modernité

Mère de la patrie russe, Moscou est striée d’avenues gigantesques bordées d’immeubles staliniens, de coupoles dorées, de sublimes cathédrales, riche de sa célèbre Place Rouge et de son mystérieux Kremlin, une mégapole où la concentration de la démesure des anciens Tsars cohabite avec l’empreinte communiste. Abritant de fabuleuses collection d’Art russe comme de tableaux européens, à découvrir…

La Place Rouge

L’une des plus célèbres places du monde, haut lieu d’histoire, bordée d’édifices emblématiques : Kremlin, mausolée de Lénine, grand magasin Goum, cathédrales… Construite sous Ivan III au XIIème siècle, puis urbanisée au cours des siècles, elle est totalement repensée au sens nationaliste après la défaite de Napoléon Ier : elle devient alors un objet de fierté nationale, symbole de la résistance du peuple russe. À partir de 1918, la Place Rouge se fait emblème de la révolution communiste, lieu privilégié des défilés et parades militaires. Aujourd’hui, la place Rouge retrouve son ancienne vocation, représentant le cœur historique et politique d’une Russie nouvelle.

Le Kremlin et ses dômes d’or

Situé entre la Place Rouge et le fleuve, cet immense espace de pouvoir est entouré d’épaisses murailles rouges et de tours. À la nuit tombée, elles scintillent de leurs étoiles rouges légendaires. La journée, le Kremlin se visite comme un musée, du moins une grande partie. Avec son image de forteresse imprenable et ses mystères, le Kremlin charme tout autant qu’il fascine. 

Le Palais des Armures

Il abrite une collection incroyable comprenant de nombreuses insignes de l’Empire russe et des œufs par Fabergé. La première mention de l’édifice remonte à 1547. Mais son nom de Palais des Armures n’apparaît que vers les années 1560. Il était à l’origine un arsenal. On y confectionnait et conservait alors des armes et défenses de corps royales. Depuis, le Palais des Armures est devenu un riche musée, présentant l’ensemble des trésors accumulés par les princes et les tsars au cours des siècles tels que armes, armures, couronnes et costumes royaux, carrosses, trônes, mobilier ainsi qu’une magnifique collection d’œufs par Fabergé

A ne pas manquer :

  • Les superbes pièces d’argenterie anglaise. Celles qui ont été offertes par les ambassadeurs à la Russie sont les seules qui se soient conservées jusqu’à nos jours puisqu’en Angleterre, elles ont été refondues en monnaie au cours de la Révolution bourgeoise au XVIIème siècle.
  • La robe de couronnement de Catherine II, une tenue de Pierre le Grand, ainsi que les robes de couronnement de plusieurs tsarines.
  • La magnifique et impressionnante collection de carrosses, qui est l’une des plus grandes du monde puisqu’elle elle n’a, en tout cas, pas d’analogue. Le carrosse le plus ancien exposé est celui de Boris Godounov, offert par le roi d’Angleterre au XVIème siècle. On admire également la calèche de Catherine II, superbe voiture en bois recouverte de dorures, de peintures et agrémentée de sculptures.

Un fonds diamantaire  – Le Fonds des Diamants – qui le jouxte contient une collection éblouissante de pierres précieuses, dont le célèbre diamant Orlov, et des chefs-d’œuvre de joaillerie.

La cathédrale Basile-Le-Bienheureux

La cathédrale Basile-le-Bienheureux (1561) est unique, édifiée sous l’ordre d’Ivan Le Terrible en l’honneur de la prise de Kazan. Le tsar désirait honorer chaque saint dont le jour correspondait à une victoire ou à un moment important de sa campagne. Ceci explique l’important nombre de chapelles et de clochers que compte Basile-le-Bienheureux.

L’aspect extérieur de la cathédrale, avec ses 11 coupoles et son architecture typiquement russe, en fait l’un des symboles le plus reconnaissable de Moscou. Selon la légende, Ivan Le Terrible ordonna que les constructeurs de la cathédrale soient aveuglés afin de s’assurer qu’ils ne pourront construire une cathédrale égale en beauté nulle part ailleurs. A son arrivée au pouvoir, le gouvernement soviétique y créa un musée et interdit les offices religieux. Il fut question de sa démolition afin d’élargir la Place Rouge. Heureusement, le projet ne fut pas réalisé et aujourd’hui, on peut assister à la messe ou simplement la visiter.

Le musée Pouchkine, la galerie européenne

Le musée Pouchkine est le plus grand musée de Moscou d’art européen. Il a été édifié entre 1898 et 1912 et se situe face à la cathédrale du Christ-Sauveur. C’est un des plus importants du monde par la richesse de ses collections : plus de 670 000 œuvres y sont présentées. 

Le rassemblement des œuvres qui forment à présent le fonds du Musée des Beaux-Arts Pouchkine dura plus de soixante-dix ans. Ce fonds offre un panorama de l’évolution de l’art mondial, illustrant chacune de ses époques, chacune de ses écoles et l’œuvre des plus grands noms de l’art.

  • Icônes et Art byzantin

La galerie de peinture débute avec un ensemble d’icônes byzantines parmi lesquelles se distinguent de rares exemplaires. L’icône du XIème siècle Saint Panteleïmon est un spécimen classique où la figure du saint est rendue avec une rigide frontalité. Parmi les chefs-d’œuvre de l’art byzantin de la première moitié du XIVème siècle figurent l’Icône des Douze apôtres, l’Annonciation et la Dormition de la Vierge, créations des maîtres de la métropole.

  • Peinture d’Europe du Sud, le triomphe de Venise

La première période de la peinture de l’Europe occidentale est représentée par une excellente collection (quoique peu nombreuse) d’œuvres de peintres italiens des XIIIème et XIVème siècles, parmi lesquelles nous citerons deux rares icônes du XIIIème siècle : une Vierge trônant due à un maître anonyme de Pise et un tableau d’autel représentant le même sujet, attribué à l’école de Florence.

Le XVème siècle, celui de la Haute Renaissance italienne, est illustré par le Polyptyque la Vierge et l’enfant avec des saints de Francesco d’Antonio de Ancona, la Décollation de Saint Jean-Baptiste de Sano di Pietro, deux volets portant des figures de saints dus à Stefano di Giovanni Sassetta, peintre de l’école de Sienne. Ce dernier, qui compte parmi les plus illustres peintres siennois du Quattrocento, dotait ses personnages d’une grâce pleine de fragilité. La Vierge et l’enfant du Pérugin – le maître de Raphaël – nous montre toute la sérénité, la joie et la poésie de la maternité. L’un des chefs-d’œuvre conservés au musée, l’Annonciation de Sandro Botticelli, date de la dernière période, pleine de dramatisme et de la vie du peintre.

La collection de tableaux de l’école vénitienne est particulièrement riche. On y voit plusieurs tableaux dus à l’un des plus illustres peintres vénitiens, Paolo Véronèse : une Minerve (esquisse pour une peinture murale) et un Repos pendant la fuite en Egypte datant de la dernière période du maître.

Ce que la peinture italienne du XVIIIème siècle donna de meilleur est lié à l’école de Venise. Le musée possède trois tableaux de l’un de ses plus célèbres représentants, Giovanni Battista Tiepolo: un Tableau d’autel, La Vierge à l’enfant avec des saints, ainsi que deux brillantes esquisses intitulées Deux saints et la Mort de Didon.

Surtout, le Musée des Beaux-Arts Pouchkine abrite une prestigieuse collection de paysages vénitiens et de vedute. Nous y trouvons des créations de Canaletto comme La Fête des fiançailles du doge de Venise avec la mer Adriatique et une série de travaux de Bernardo Belotto illustrant les diverses périodes de sa carrière. Enfin, il nous faut mentionner La Cour à Venise et La Vue de Venise de Francesco Guardi, que l’on peut ranger parmi les meilleurs paysages italiens du XVIIIème siècle. Guardi ne se contente pas de conférer le maximum d’authenticité à sa vue, mais il s’applique aussi à rendre l’atmosphère spécifique de Venise. Il sut mieux que quiconque représenter la beauté picturale et élégiaque de cette ville.

  • Peinture d’Europe du Nord et la prestigieuse collection de Rembrandt

Les tableaux les plus anciens appartenant à cette école et se trouvant au Musée des Beaux-Arts de Moscou, datent de la fin du XVème siècle et des premières décennies du XVIème siècle. Ces œuvres révèlent la diversité des recherches suivies par les peintres tout en témoignant de la coexistence de différentes tendances : anciennes traditions gothiques, romanisme exprimant la tendance italianisante et mouvement réaliste.

Ainsi, dans le tableau de Jan Mostaert Ecce homo, les visages des personnages évangéliques possèdent toutes les qualités expressives du portrait. Ce qui attire dans le Chemin de Croix de Herri Met de Blés, ce ne sont pas tant les personnages qui sont les acteurs du drame représenté mais l’extraordinaire paysage montagneux.

Les plus anciennes oeuvres allemandes conservées au musée sont deux volets de l’Autel de Sebenstein, la Nativité et l’Adoration des Mages dus au Maître du Château de Liechtenstein. L’autel qu’il peignit est un ouvrage typiquement gothique : l’absence de plans spatiaux nettement délimités, l’immatérialité des figures, la richesse des dorures et l’atmosphère de profonde piété caractérisent ces deux compositions.

L’un des plus illustres maîtres de la Renaissance allemande, Lucas Cranach l’Aîné, est représenté au musée par de magnifiques travaux. Sa Vierge est empreinte de lyrisme et d’une extraordinaire sérénité d’âme. Mieux que quinconque, Cranach sut obtenir une parfaite harmonie entre l’homme et la nature qui l’entoure.

La peinture du XVIIème siècle est l’une des plus prestigieuses de la galerie du musée : elle renferme des oeuvres de peintres hollandais, flamands, français, italiens et espagnols. Les noms de Rembrandt, Jacob van Ruisdael, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Pierre Paul Rubens, Tan van Goyen, Salomon van Ruysdael, Jacob Jordaens, Zurbarân, Murillo, Strozzi et Domenico Fetti attestent éloquemment la qualité de cet ensemble.

⇒ La collection Rembrandt, fierté du musée

Les six tableaux de Rembrandt font la fierté du musée. Dans ces œuvres, le grand Hollandais incarna avec une puissance et une profondeur inégalées le monde des sentiments et la beauté spirituelle de l’homme. Le Christ chassant les marchands du temple (1626) est une des œuvres maîtresses de la première période du peintre. De même, L’Incrédulité de Thomas est une œuvre qui caractérise la quête spirituelle du maître durant les années 1630-1635. Les trois portraits de Rembrandt appartenant au musée comptent parmi les meilleures créations du grand maître dans ce genre : Portrait d’une femme âgée, Portrait de vieille femme et Portrait d’Adriaen van Rijn. Ce sont de parfaits exemples de ce type de portrait que les spécialistes dénomment « portrait-biographie ». Parmi les chefs-d’œuvre de Rembrandt, citons enfin le tableau Assuérus, Aman et Esther peint en 1660. Ici, le maître atteint une extraordinaire profondeur dans la représentation de la vie intérieure et de la puissance spirituelle de ses héros. Le dramatisme du conflit trouve son expression dans la combinaison des tons rouges et dorés où les nuances de la couleur et de la lumière font écho à des valeurs spirituelles et éthiques.

  • La peinture française du XVIIIème et XIXème siècles, panaorama artistique

L’ensemble de peinture française du XVIIème siècle renferme de véritables chefs-d’œuvre. Deux tendances diamétralement opposées s’affrontent à cette époque : l’art de cour qu’illustre, dans la collection du musée, l’Annonciation – une toile monumentale de Simon Vouet – et l’art influencé par les idées démocratiques du Caravage, dont le Reniement de Saint Pierre de Valentin de Boulogne est un parfait exemple. La partie centrale de cette collection est occupée par les tableaux de Nicolas Poussin et de Claude Lorrain, illustres représentants du mouvement dominant dans l’art français de cette époque : le Classicisme.

Le XVIIIème siècle s’illustre dans un groupe de portraits de parade dont le plus remarquable est le Portrait d’une jeune dame de Nicolas de Largillière. Les tableaux de l’un des plus grands artistes français du XVIIIème siècle, Antoine Watteau, Le Bivouac et La Satire sur les médecins, se rapportent à la première période de son œuvre. La collection française renferme plusieurs travaux signés par les disciples de Watteau : Nicolas Lancret, auteur de Dame au jardin et Société à la lisière d’un bois, et Antoine Quillard, Pastorale. Le musée possède également une excellente collection de tableaux de François Boucher qui caractérisent de manière exhaustive la création de ce représentant classique du rococo. D’une façon élégante et espiègle, il interprète la mythologie dans son tableau Jupiter et Callisto.

L’art français du XVIIIème siècle fut le théâtre de l’évolution de divers genres et du renforcement des tendances démocratiques. Ce mouvement est illustré par deux natures mortes de Jean-Baptiste Chardin, par des toiles de Jean-Baptiste Greuze avec Le Premier sillon et par celles de Jean-Honoré Fragonard avec Une Pauvre famille ou encore Devant l’âtre.

Les œuvres de Jacques Louis David qui s’y trouvent furent peintes au XVIIIème siècle. L’esquisse pour le tableau Andromaque pleurant la mort d’Hector est un parfait exemple de la façon dont ce peintre s’inspirait de l’histoire antique.

  • La peinture française du XIXème siècle sous la domination du Réalisme

L’école française y occupe à bon droit une place privilégiée. Il faut pourtant indiquer qu’il n’y a que fort peu de tableaux peints au début du siècle, comme c’est le cas pour la plupart des musées hors de France. Parmi les travaux des élèves de David, se distinguent le Portrait de Napoléon Ier de François Gérard et le Portrait équestre du prince Youssoupov de Jean-Antoine Gros. Les traditions du classicisme se font encore sentir dans les toiles religieuses de Pierre-Paul Prud’hon et Dominique Ingres avec La Vierge à l’hostie.

Le Romantisme est illustré par deux grands représentants de ce mouvement : Eugène Delacroix avec Après le naufrage et Théodore Géricault avec Etude d’homme nu, unique œuvre de Géricault conservée en Russie.

⇒ L’Ecole de Barbizon

Le paysage français est montré par une excellente collection de tableaux peints entre 1830 et 1870. Y figurent avant tout des œuvres dues aux fondateurs du paysage réaliste français, les peintres de l’école de Barbizon : Théodore Rousseau Vaches à la mare et Dans la forêt de Fontainebleau, Jules Dupré – Soir, la Marée basse en Normandie et Chênes au bord du chemin, Constant Troyon – L’Approche de l’orage, Diaz de la Pena – Jour de pluie – et Charles François Daubigny – Matin à Londres et Soir à Honfleur.
Le musée possède de très belles toiles de Jean-Baptiste Camille Corot, l’un des plus illustres paysagistes du XIXème siècle. 

Deux petites toiles de Jean-François Millet, Les Meules et Les Ramasseuses de bois mort, se rapportent au thème principal de l’œuvre du peintre : le labeur des paysans et la nature.

⇒ La collection impressionniste 

La collection de tableaux impressionnistes et post-impressionnistes du Musée des Beaux-Arts Pouchkine jouit d’une renommée mondiale. Seul Edouard Manet n’est présent au musée que par deux ouvrages qui, en outre, sont inachevés : Le Bouchon et le Portrait d’Antonin Proust.

Les œuvres de Claude Monet réunies dans la collection du musée exposent toutes les étapes de la carrière du maître, depuis le Déjeuner sur l’herbe peint en 1866 jusqu’à ses travaux réalisés dans les années 1910, où prédomine le caractère décoratif de la peinture et des sujets. 

Les cinq tableaux d’Auguste Renoir réunis au musée sont incontestablement au nombre des chefs-d’œuvre de cet artiste. Nous pouvons nommer ici son Nu et son Etude pour le portrait de Jeanne Samary. Renoir exprima son admiration pour ses modèles par les moyens de la couleur dont il fit ressortir l’infinie richesse des nuances et la luminosité.

Dans ses œuvres consacrées aux thèmes des courses et du ballet, Edgar Degas fit preuve d’un extraordinaire don d’observation et donna toute la mesure de son talent pour exprimer les mouvements de ses modèles.

Le musée possède 14 toiles de Paul Cézanne, et trois d’entre elles peuvent être rangées parmi les chefs-d’œuvre de ce grand maître : les Bords de la Marne, la Nature morte aux pêches et poires et la Composition de Mardi gras.

Le monde complexe et contradictoire de Vincent Van Gogh est exprimé avec une rare puissance artistique dans des œuvres telles que La Ronde des prisonniers et le Paysage d’Auvers après la pluie

La collection de tableaux de Paul Gauguin est l’une des plus riches au monde. Parmi ses toiles peintes en France, nous citerons Café à Arles et la Nature morte aux fruits. Au nombre de celles réalisées durant sa période tahitienne, nous mentionnerons Es-tu jalouse?, La Femme du roi et La Cueillette des fruits. Gauguin s’efforça de trouver l’harmonie, le bonheur et la liberté parmi des hommes dont la vie et les mœurs n’étaient pas encore marquées par les tares de la civilisation bourgeoise. Les tableaux de la période tahitienne sont empreints d’une quiétude solennelle.

  • La peinture française du XXème siècle, une place de choix

La collection d’œuvres de Picasso, réunissant des créations se rattachant aux périodes bleue et rosé, jouit d’une célébrité mondiale : Le Vieux Juif, Espagnole de l’île de Majorque et Petite fille sur une boule. Dans ses œuvres cubistes comme dans le Portrait d’Ambroise Vollard, La Reine Isabeau et  Le Violon, Picasso rejette les valeurs ordinaires du monde des objets et reconstruit ses formes au moyen de surfaces brisées se superposant.

Le Musée des Beaux-Arts Pouchkine peut se vanter de posséder une prestigieuse collection de toiles d’Henri Matisse témoignant de l’évolution de l’œuvre du peintre au cours des différentes périodes de sa carrière. Toutefois, la plupart des toiles de Moscou se rapportent aux années 1900-1910 : Nature morte en rouge de Venise, les Poissons rouges, l’Atelier du peintre, les Capucines à «la Danse» et le Panneau la Danse.

L’œuvre de Georges Rouault, Maurice de Vlaminck et André Derain est représentée par des toiles fauves de ces peintres. 

De nos jours, le Musée des Beaux-Arts Pouchkine est en possession de l’une des meilleures collections d’art européen en Russie, tandis que l’ensemble de travaux de peintres contemporains qu’elle détient illustre brillamment la richesse et la diversité des tendances et des individualités créatrices qui constituent l’art du XXème siècle.

Moscow Kremlin Museums   Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine